Rechercher un article de blog

Bienvenue en enfer ! Imaginez une course à pieds de 160 kilomètres, avec plus de 9000m de dénivelé positif, et une amplitude thermique à vous enrhumer sur place ! Pourtant, c’est ce défi qu’a choisi de relever Mathieu, ingénieur chercheur dans l’équipe Sémantique d’Eloquant, en participant à l’ultra-trail Grand Raid de la Réunion, appelé aussi Diagonale des Fous.

"A l’origine, la décision d’y participer est issue d’une plaisanterie" raconte Mathieu. "Avec un ami, on voulait participer ensemble à l’une des 3 courses du grand raid 2018. Je voulais faire la Mascareignes (65km), et lui voulait faire le Trail de Bourbon (110km). N’arrivant pas à nous mettre d’accord, je lui ai dit en plaisantant : "puisqu’on n’arrive pas à se mettre d’accord, faisons la Diagonale des fous !". Mais il a pris ma blague très au sérieux... Et après quelques semaines de réflexion personnelle et aussi en famille, on s’est inscrits début avril, un peu avant la date limite d’inscription".

Évidemment, si Mathieu avait de bonnes bases physiques, une telle course requiert de la préparation. "Mon fils était né en octobre et ne faisait pas encore ses nuits, je n’avais pas l’énergie, ni le temps nécessaire pour bien m’entraîner". Avec son partenaire, ils bâtissent un plan d’entrainement de 6 mois, à raison de 3 à 4 sorties par semaine (dont une très longue le weekend, jusqu’à 8h...). Si la vie familiale et les autres obligations ont quelque peu "raccourci" certains entrainements, cela a tout de même suffi. "Enfin, la préparation n’est pas seulement physique : on passe aussi du temps à s’équiper, à tester du matériel et à préparer ses pieds (tannage et crémage pendant 4 semaines avant la course) pour ne pas avoir de mauvaise surprise le jour J. On adapte aussi son alimentation : par exemple, pas d’alcool pendant 2 mois avant la course, c’était peut-être le plus difficile ;)".

Le jour J, Mathieu raconte que l’ambiance de course est incroyable : "L’ambiance au départ était complètement démente, presque digne d’une étape du Tour de France, un moment inoubliable. Sur tout le parcours, on croise des milliers de personnes venues vous encourager, parfois même au milieu de la nuit, c’est incroyable et ça donne des frissons. Ici, à la Réunion, c’est l’événement sportif le plus populaire et ça se ressent".

Côté course, il a fallu gérer non seulement les paramètres classiques tels que le rythme, l’alimentation, l’hydratation, mais également le sommeil et tout ce qui accompagne son manque. De plus, au kilomètre 65, le partenaire de Mathieu, plus expérimenté, s’est fait une entorse et a dû abandonner. "C’était un gros coup dur pour tous les deux, et à partir de là une nouvelle course de 100km commençait pour moi, sans aucun autre objectif que celui de finir. J’ai donc couru ces 100 derniers kilomètres à l’instinct et aux sensations. Il m’a fallu faire 3 siestes courtes (20 à 40 minutes) au cours de la 2ème nuit, dès que la somnolence dépassait un seuil raisonnable".

Malgré ce fait de course, notre ingénieur chercheur se surprend à y trouver du plaisir : "à mon niveau, on ne court pas contre les autres mais avec les autres, on se bat davantage contre soi-même, et le rythme est très soutenable (3.5km/h de moyenne seulement). On fait aussi de belles rencontres, et les paysages sont superbes. La famille, les amis et les collègues étaient présents pour m’encourager pendant toute la durée de la course". Ses collègues de l’équipe Sémantique lui ont même préparé un envoi automatisé de SMS d’encouragements via la solution d’Ecoute Eloquant ;)

Presque 50h plus tard, à peine une heure de sommeil , Mathieu voit la fin de la course. "Les 15 derniers kilomètres sont très durs, la nuit et la somnolence qui va avec sont de retour, mais on se bat pour ne pas les décevoir. L’arrivée est un moment très fort : on est épuisés mais heureux, on pense à tous les efforts consentis par nos proches et sans lesquels rien de tout cela n’aurait été possible. C’est donc une joie qu’on partage naturellement avec eux".

La suite ? "Je n’exclus pas de refaire la Diagonale une seconde fois, ni de participer un jour à un autre ultra du style UTMB ou UT4M". Deux autres défis "de fous", plus proches du siège social d’Eloquant !

© Eloquant 2013. All Rights Reserved